RECESS occupe une lacune particulière dans le tissu urbain de Montréal. La ville ne manque pas d’endroits pour transpirer, et les bains froids sont devenus un cliché du bien-être — mais il manquait un espace où la baignade thermale fasse aussi office d’infrastructure sociale. Le projet de 4 500 pieds carrés de Future Simple Studio, situé à Griffintown, tente de combler ce vide en se présentant comme la première expérience montréalaise d’un circuit social chaud–froid. Fondé par Adam Simms et Marilyne Gagné, RECESS se conçoit moins comme un spa que comme un rituel contemporain — une « ode au calme » qui invite chacun à faire une pause, à se réinitialiser et à se reconnecter avec soi et avec les autres.
Les thermes romains n’étaient pas principalement axés sur la santé — ils étaient des lieux où se négociaient les accords et où l’on naviguait les hiérarchies sociales. RECESS ne reproduit pas ce modèle à l’identique, mais il s’en inspire sur le fond: partager une gêne physique crée une chimie sociale particulière que les conversations ordinaires ne suscitent pas.

Là, cet échange est structuré en une expérience cyclique de 75 minutes — 20 minutes de chaleur, deux minutes de trempe froide et des intervalles de repos et de conversation — créant un rythme qui relie le rétablissement personnel à la présence collective. Future Simple Studio a pensé ce parcours comme une séquence linéaire de compression et de relâchement, chaque zone étant calibrée pour un mode d’interaction distinct.

À partir de là, un tunnel allongé longe le périmètre, guidant les visiteurs le long d’une rampe légère tandis que des motifs de lumière réfractée scintillent à sa surface — une indication spatiale qui évoque l’eau avant même d’y faire face. Le passage s’ouvre sur une vestiaire non genrée, délibérément silencieuse et efficace, fonctionnant comme une chambre de décompression entre la ville et le rituel.

Un autre couloir de panneaux de verre dépoli conduit vers le lounge post-immersion, où des couches de rideaux diffus encadrent la pièce et servent de surfaces de projection pour une programmation tournante d’installations artistiques, de sets de DJ et de séances de respiration guidée. Ensemble, ces éléments étendent le cadre social au-delà même du circuit thermique, posant RECESS à la fois comme espace de bien‑être et comme lieu culturel.


La géométrie est volontaire: un cylindre indépendant inséré dans une coque rectiligne, son rayon monumental accueillant des sessions guidées et performatives en groupe, axées sur le souffle, la proximité et l’expérience partagée.


Après la chaleur vient l’immersion. Une séquence sculpturale de douches — dissimulées derrière la pierre — évoque une pluie fraîche et naturelle avant d’aboutir à une piscine commune de trempe froide, dimensionnée pour douze personnes, où les corps s’immergent ensemble sous une lumière bleue. L’effet est à la fois physiologique et social : la circulation se rééquilibre, l’endorphine se libère, et la conversation reprend avec un tempo différent.


Le résultat s’éloigne moins d’un spa que d’un cadre structuré pour la connexion — une manière de repositionner la thérapie par le contraste en rituel collectif dans une ville qui a largement externalisé le vivre ensemble vers les écrans.

Pour en savoir plus sur ce projet et d’autres œuvres du cabinet, visitez futuresimple.studio.