Les Rockefeller Apartments occupent une place singulière dans l’histoire de l’architecture américaine en tant que l’un des premiers immeubles résidentiels du style International Style à New York, conçu à l’origine en 1936 par Wallace Harrison et J. André Fouilheux et commandé par la famille Rockefeller pour héberger les locataires déplacés par la construction du Rockefeller Center. Ce projet exigeait un langage intérieur capable de dialoguer avec le pedigree moderniste du bâtiment sans basculer dans la nostalgie ni le mimétisme d’époque, un équilibre Nicholas Potts Studio et Studio Armando Aguirre ayant réussi grâce à des recherches archivistiques approfondies et à la volonté de laisser l’architecture elle-même dicter les termes de l’intervention.

La résidence de 2 800 pieds carrés réunit deux anciens logements en un seul appartement d’une envergure grandiose, restaurant une clarté spatiale que des décennies de subdivision avaient érodée. Le plan s’organise autour d’une galerie d’entrée en forme de pilule, rappelant la logique curvilinéaire inhérente aux bays radiuses qui constituent la signature du bâtiment.


Ces bays, qui confèrent aux Rockefeller Apartments leur présence urbaine distinctive, ancrent désormais des salons et des salles à manger formels de proportions généreuses, rétablissant un rythme pré-guerre de procession et de rassemblement. Deux chambres, trois salles de bains et une zone bureau et invité flexible complètent le programme, les choix d’aménagement étant guidés non seulement par les dessins d’origine mais aussi par la référence à l’unité modèle de William Lescaze et aux intérieurs des années 1930 du propre Nelson Rockefeller.




Partout, des interventions sur mesure côtoient des meubles d’époque et des pièces d’inspiration vintage issues des traditions du Bauhaus, du style International et de l’Art déco, permettant à l’appartement de paraître informé historiquement sans tomber dans le réferentiel excessif.


Ces salles de bains poursuivent ce dialogue entre restauration et réinterprétation. Les éléments d’époque ont été préservés lorsque cela était possible, y compris une toilette historique rare provenant de New York, associée à des carreaux Heath Ceramics faits à la main et à des robinetteries sur mesure qui créent en douceur un pont entre le passé et le présent.


Par ailleurs, des écrans sur mesure en chêne ébénisé, une banquette à manger, un couchage de bureau et un bureau, ainsi qu’une étagère lumineuse du salon conçue spécifiquement pour l’architecture renforcent l’engagement du projet en faveur d’une continuité entre mobilier et enveloppe.


L’ouvrage du propriétaire, qui comprend des œuvres de Robert Mangold, Candida Höfer, Ellsworth Kelly, Louise Lawler, Ed Ruscha et Thomas Demand, a guidé les choix de couleur et de matériaux tout au long du projet, créant des dialogues subtils entre l’art et l’architecture. La collaboration entre Nicholas Potts Studio et Studio Armando Aguirre illustre en fin de compte la valeur de traiter l’enveloppe architecturale et son contenu intérieur comme un seul problème de conception, produisant une résidence où le contenant et le contenu dialoguent dans le même langage cohérent.
Pour en savoir plus sur les créatifs impliqués, visitez npsarch.com et armandoaguirre.com.