Après une décennie à présenter des expositions dans des résidences de Manhattan, Radnor ouvre une galerie à Brooklyn, plus proche de l’endroit où l’histoire a commencé.
Le studio a opéré pendant des années à l’American Can Factory de Gowanus, tandis qu’une part importante de son roster — Egg Collective, Workstead et Pelle — a construit ses premiers pas dans les ateliers et lofts de l’arrondissement. Le nouvel penthouse au Brooklyn Tower arrive pour le 10e anniversaire de Radnor, à la fois comme un retour et comme la dernière expression de l’intérêt de longue date de la fondatrice Susan Clark’s pour présenter le design de collection là où il peut être envisagé en usage.
Cette approche a été au cœur de Radnor depuis ses premières expositions. En 2018, Material Interiors a transformé une résidence de deux chambres au The Bryant, conçu par David Chipperfield Architects, en une installation pleinement fonctionnelle, co-curatée avec Workstead et façonnée par les planchers en chêne à motif en chevrons et par les bordures en terrazzo poli. Trois ans plus tard, Clark a amené ce format au 180 East 88th Street, une résidence de l’Upper East Side développée par DDG et Global Holdings, où elle a collaboré avec Elizabeth Roberts Architects pour un showroom expérientiel qui associait le roster de Radnor à la première collection Radnor Made de Roberts. Plus récemment, Radnor a présenté Evolution in Form dans un penthouse de 5 000 pieds carrés au Sutton Tower, 70 étages au-dessus de Manhattan, en utilisant l’architecture de Thomas Juul-Hansen comme cadre pour une présentation plus épurée du design de collection.
Brooklyn Tower, le gratte-ciel SHoP Architects qui définit désormais la silhouette du Downtown Brooklyn, poursuit cette lignée avec un penthouse sur un seul étage d’environ 6 000 pieds carrés. Avec des plafonds de 12 pieds et des vues qui embrassent Manhattan et Brooklyn, l’espace est conçu comme à la fois une galerie et une résidence, permettant de rencontrer les objets non pas comme des œuvres isolées en exposition mais comme des éléments d’un environnement vécu.
Cette exigence de présence matérielle se retrouve dans le programme inaugural : une présentation en solitaire des nouvelles œuvres tissées à la main par l’artiste basée à Los Angeles, Rachel DuVall. Sa pratique part de la grille inhérente du tissage — la rencontre perpendiculaire de la chaîne et de la trame — puis pousse sa rigidité à travers les petites irrégularités propres au travail manuel. Pour cette série, DuVall place une couche peinte sous la surface tissée, permettant à des fibres teintes naturellement en vert mousse, en indigo et en ocre de se révéler sur un fond coloré plutôt que sur une toile blanche.
Radnor a longtemps défendu le travail fondé sur les textiles, et les pièces tendues et encadrées de DuVall se lisent comme des peintures tactiles. Dispersés dans les proportions généreuses du penthouse, les textiles créent un contrepoids discret à la verticalité de l’immeuble, à la lumière et aux vues étendues. L’installation souligne également l’évolution du modèle de Clark au cours de la décennie écoulée : chaque cadre offre aux designers une condition architecturale particulière à laquelle répondre, tout en donnant aux visiteurs une impression plus intime de la façon dont des objets singuliers pourraient influencer l’atmosphère d’un foyer.
Pour Clark, cette étape tient autant au lieu qu’au programme. En réunissant les rôles de détaillant, de galerie et de fabricant, Radnor a passé la dernière décennie à constituer un roster international qui va de Toshio Tokunaga et Loïc Bard à des talents locaux de Brooklyn, soutenant des designers qui créent des objets singuliers et soigneusement produits.
Pour en savoir plus sur Susan Clark et ses démarches créatives, rendez-vous sur radnor.co.