Arabian Ranches, le quartier master-planifié à la périphérie de Dubaï, se nourrit d’un pastiche méditerranéen et espagnol — ce type de villa à toit en terre cuite devenu l’emblème d’une banlieue qui aspire à plus. Au sein de l’une de ces demeures, dans l’enclave gardée Savannah, Marie Claire Mrad a entrepris quelque chose de discrètement subversif. L’architecte d’intérieur a vidé l’espace sans toucher à sa charpente, déplaçant un langage de design européen emprunté vers une proposition plus disciplinée : une retenue contemporaine japonaise.
Pendant les six mois de rénovation, il n’y a pas eu de transformations structurelles majeures. Les arches et les tuiles qui signalaient autrefois une villa espagnole se retrouvent en tension avec l’intérieur monolithique. Là où la référence communautaire s’appuie sur l’ornement pour transmettre la chaleur, cette maison privilégie la proportion, le rythme et le comportement de la lumière pour porter la charge émotionnelle.

Des cloisons à lames — répétées en noyer et bois brûlé — établissent des seuils superposés et des vues filtrées à travers l’espace, évoquant les koshi et les shoji de l’architecture japonaise. Dans une villa désertique, cette logique a aussi du sens sur le plan climatique, modulant le soleil dur du Golfe en quelque chose de stratifié plutôt que de le bloquer complètement.

Le rocher Ceppo di Gré ancre les sols et les surfaces, en compagnie de céramiques à effet béton. Quelques pièces sculpturales incluent une table à manger surmontée d’une pierre Patagonia ainsi qu’une collection d’éclairage sur mesure entièrement conçue autour de l’onyx Sahara. Ce qui donne au projet sa raison d’être au-delà du seul esthétisme, c’est son économie artisanale. Presque tout est sur mesure, des canapés et tables basses à l’ensemble de la série d’éclairage, conçus pour la villa et fabriqués à Beyrouth par des artisans libanais, avec des matériaux puisés à travers le Liban et l’Italie.
La collection personnelle des propriétaires comprend une chaise longue Eames, une table d’appoint Eileen Gray, un canapé Togo de Michel Ducaroy, qui s’insèrent avec aisance dans le cadre mesuré sans le perturber.








