Une famille internationale de quatre personnes, décrite simplement comme des collectionneurs, a confié à Bergman Design House la conception de leur deuxième résidence à Londres. Ils arrivaient avec un cahier des charges précis dans ses ambitions : raffinement, personnalité et pérennité. Ils souhaitaient un espace qui fonctionnerait comme une archive vivante — où chaque objet aurait du poids et où chaque matériau aurait été choisi en prévision d’une accumulation dans le temps.
Cet impératif a façonné tout ce qui est visible dans l’appartement. Le studio londonien fondé par Marie Soliman et Albin Berglund a organisé la résidence de 4000 pieds carrés autour de la logique de la collection plutôt que celle de la décoration. Alors que la décoration remplit un espace, une collection se construit au fil du temps, et les objets de cet appartement ont été choisis pour leur capacité à signifier davantage dans vingt ans que ce qu’ils signifient aujourd’hui.

Les matériaux jouent un rôle analogue. Prenez le travertin, par exemple, qui s’améliore avec l’usage. Les pores ouverts de la pierre captent la lumière différemment au fur et à mesure que les surfaces s’usent, et la variation inhérente du matériau devient plus lisible après des années de contact. Il s’agit d’une des petites catégories de matériaux qui récompensent le passage du temps plutôt que de le résister, et Bergman Design House a construit tout un appartement autour de ce principe.

Pour le mobilier, le cabinet-bar de Marcin Rusak — sa pratique suspend des matières botaniques, des fleurs et du matériel végétal dans de la résine — est un objet dont la surface renferme une forme de temps conservé. L’installation murale tridimensionnelle du studio suisse Beyond joue sur la géométrie et la profondeur, maintenant l’attention lors de rencontres répétées d’une manière que les objets purement visuels n’atteignent pas. L’ouvrage sur mesure de James Wellesley et la maçonnerie par Marco Pacitti relient l’appartement aux réseaux d’artisanat spécialisés londoniens.

Des plâtres sur mesure et des placages en marqueterie naturelle recouvrent les murs — tous deux choisis, selon le cadre de Soliman, pour leur beauté tactile et leur capacité à vieillir avec grâce. Les revêtements muraux peints à la main de Fromental introduisent une couche que seule une main humaine peut produire, avec la variation issue de ce processus intégrée à la surface dès le départ.








