Peu de conditions de conception sont aussi stratifiées que le palimpseste habité — un bâtiment historique invité à absorber une vie contemporaine sans renoncer à ce qui le rendait digne d’être préservé dès l’origine. Penthouse Frankfurt, achevé par l’atelier et studio Holzrausch, basé à Munich, navigue précisément cette tension. L’époque wilhelminienne a laissé derrière elle une grammaire architecturale particulière — des dalles de plancher profondes, des pièces généreusement proportionnées et une maçonnerie porteuse. Plutôt que d’adoucir ces conditions ou de les traiter comme un décor neutre, Holzrausch a mis le tissu existant au cœur même de la logique de l’intervention.
La surélévation du toit sur deux niveaux qui couronne le bâtiment est le geste le plus audacieux du projet, et le plus clairement structurante. En élevant un nouveau volume au-delà de la coque historique, le projet distingue avec lisibilité ce qui était présent de ce qui a été créé. À l’intérieur, le bois africain Kambala — présentant un grain ambré chaleureux qui s’oxyde avec grâce — s’étend sur toute la hauteur des pièces, recouvrant les parois, les rangements et les circulations, et agit comme une membrane spatiale continue.

L’acier inoxydable brossé, chaud au toucher, rejoint le terrazzo et le bois teinté au sein de la cuisine. Holzrausch, opérant comme fournisseur unique avec des designers, des planificateurs de construction et des artisans en dialogue continu, était particulièrement bien placé pour résoudre ces jonctions. Le résultat final est cohérent précisément parce qu’aucun élément n’a été envisagé isolément du tout.

Le client est arrivé avec une collection d’art qui nécessitait un espace où les murs ne rivalisent pas avec les œuvres et une circulation permettant une attention soutenue. Le déroulement calme des pièces était une réponse directe à ce besoin, la coque Kambala fournissant un fond visuel suffisamment chaleureux pour humaniser les espaces sans s’imposer face aux œuvres exposées. C’est un équilibre que les résidences adjacentes à des galeries échouent souvent à atteindre, se rabattant soit sur la neutralité clinique d’un cube blanc, soit sur une domesticité exubérante qui submerge la collection.





