Marc-Arthur Kohn : « Collectionner c’est en quelque sorte satisfaire à un instinct de chasse »

Marc-Arthur Kohn est un important commissaire-priseur indépendant de la place parisienne. Depuis de nombreuses années maintenant, il a dévoué sa vie à l’art et à son marché. Il a accepté de nous parler de sa profession.  Si on parle de Paris, on pense vite à La Biennale Paris, l’un des plus importants salons d’art contemporain au monde. Mais avant qu’un tel événement soit né, cette ville a vu naître Marc-Arthur Kohn, l’un des commissaires-priseurs les plus dynamiques et les plus actifs de la scène.


Dans quelle mesure le commissaire-priseur contribue-t-il à la vente aux enchères ?

Marc-Arthur Kohn : La plupart des gens se rendent à une vente enchère pour enchérir sur un ou deux lots au plus. Comme ils sont généralement assis pendant au moins une heure, vous voulez leur offrir du bon temps en les amusant. Mais au final, l’objectif principal reste d’obtenir le prix le plus élevé possible pour le compte du vendeur. C’est là qu’entrent en jeu
les stratégies que le commissaire-priseur a pu mettre en place. En effet, il convient de noter qu’une œuvre ne sera pas vendue si le prix de réserve minimal convenu de manière confidentielle par le vendeur et la maison de vente aux enchères n’est pas atteint.

Les grandes maisons de vente augmentent leurs prix avec les grosses commissions qu’elles fixent. Quelle est la route d’une pièce depuis son départ jusqu’à sa vente ? Et, quant à ces commissions, sont-elles nécessaires?

Marc-Arthur Kohn : Vendre aux enchères coûte assez cher. Les grandes maisons ont des coûts fixes très élevés et les commissions qu’elles facturent aux vendeurs se sont progressivement ajustées à la hausse d’année en année. Il est particulièrement peu attrayant de devoir laisser au moins 25% sur la table lorsque vous vendez une œuvre d’art évaluée entre 10 000 et 2 millions de dollars. En ce qui concerne le deuxième numéro, à mesure que les enchères en ligne se développent, il est prévu que les commissions s’ajustent progressivement à la baisse.

En tant que commissaire-priseur, quel type de travail aimez-vous vendre davantage? Y a-t-il un type de travail ou d’artiste plus intéressant qu’un autre sur lequel faire une offre?

Marc-Arthur Kohn : En tant que commissaire-priseur, j’accorde le même degré d’attention et de concentration à tous les objets qu’ils me demandent de vendre, quelle que soit leur valeur artistique. En tant que collectionneur ou commerçant d’art privé, il est bien sûr très différent et je ne peux que vendre quelque chose qui me passionne profondément. Et en tant que collectionneur d’art, je veux toujours ce que je n’ai pas. Dans la collecte, il existe un instinct de chasse profondément enraciné.

Si je devais choisir une œuvre d’art qui n’est pas encore vendue et que je voudrais faire, que ce serait-il?

Marc-Arthur Kohn : J’ai créé un musée imaginaire avec toutes mes œuvres préférées. Très peu d’entre-elles pourraient être vendus car la plupart appartiennent à des collections publiques. L’une des œuvres qui m’a toujours obsédé est « Le chien » de Goya, installée au Musée du Prado. J’aime à dire : «J’ai mis tous mes œufs dans le panier. Dommage qu’ils ne soient pas de Fabergé ».

Joseph

Adepte des jeux télévisés, je ne peux m'empêcher de suivre et commenter les plus grands moments de la TV ! C'est pour partager ma passion que je retrouve sur Interieurs.fr tous les jours. Ma spécialité : jouer de la devinette sur les 12 coups de midi. Plutôt matinal, j'évite de trop regarder la TV après 23h
Joseph

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