Dans The Colony, une enclave préservée des collines d’Hollywood où les habitations du milieu du siècle subsistent en nombre étonnant, une résidence de 1960 signée Whitney R. Smith porte l’autorité discrète d’un bâtiment qui savait exactement ce qu’il voulait devenir. Smith, architecte du programme Case Study House et cofondateur de Smith & Williams, appartenait à la génération de modernistes de Californie du Sud qui considéraient les plafonds à dents de scie et les géométries angulaires comme des instruments pour la lumière, la faisant descendre dans les volumes à intervalles mesurés. Le mandat confié à Ome Dezin n’était pas tant une rénovation qu’une négociation avec cette intelligence.
Le studio a tôt compris que l’architecture mènerait la démarche, et que la véritable discipline résidait dans la retenue. Les rénovations réalisées dans les années 1980 et 1990 avaient brouillé la logique initiale de la demeure, et les travaux devinrent autant une question de soustraction que d’addition. Il fallait affiner les proportions, retrouver le flux et résister à la tentation de surdessiner une maison. L’escalier en spirale sur mesure, les hauteurs sous plafond et le rythme structurel ont été conservés plutôt que réinterprétés.

Une palette chaleureuse et ancrée dans les bois riches, le plâtre et la pierre de tonalité vient contrarier le théâtre sculptural de l’architecture. L’escalier, dont la courbe se résout dans un dessous rouge vif, devient l’élément-clé de la pièce, un geste graphique qui se détache sur des surfaces par ailleurs sobres. Une porte-pivotante surdimensionnée s’ouvre sur un hall d’entrée à double hauteur où des proportions de galerie et un plafond en dents de scie procurent un flux lumineux délibéré.

Ome Dezin s’est tourné vers Milan, et plus particulièrement vers la Villa Necchi Campiglio, la villa des années 1930 de Piero Portaluppi, caractérisée par ses surfaces laquées, son luxe maîtrisé et des pièces qui restent calmes sous pression. Cette sensibilité transparaît dans les associations de couleurs et dans le mobilier bas et structuré, provenant de Dusty Deco, Made by Choice, NO GA et Kallemo.

Une salle de bains partagée dans l’aile secondaire s’adonne pleinement à un jaune citron, ses accents cuivrés et ses briques de verre se lisant comme un optimisme mi-siècle authentique plutôt que comme un pastiche. La suite principale, installée sous les plafonds d’origine d’une grande hauteur avec une ouverture loft, échange la couleur pour une sobriété minimaliste, sa salle de bains encadrant une vue nette sur les collines au-delà du lavabo. Des œuvres graphiques de Creative Art Partners viennent ponctuer le calme à intervalles.










Pour en savoir plus sur l’atelier derrière ce design, consultez omedezin.com.