Les maisons en pierre des quartiers de Westchester au début du XXe siècle affichent une sincérité matérielle particulière — leur maçonnerie puise dans le même socle géologique que le paysage qui les entoure, et leur permanence est l’expression directe du caractère de la région. La rénovation d’une maison de Mount Airy par Ravi Raj à Croton-on-Hudson considère ce tissu originel comme la thèse centrale du projet, organisant chaque intervention autour de lui tout en réconciliant soigneusement le passé et le présent pour former un tout cohérent.

La pierre locale du pavage, choisie pour se fondre avec la maçonnerie existante, s’étend et renforce la base de la maison, préservant sa texture historique tout en élargissant discrètement son emprise. En contraste, un bardage à clin blanc enveloppe les étages supérieurs, apportant une expression plus légère et contemporaine qui distingue le neuf de l’ancien sans rompre leur dialogue. Une extension des années 1980 qui avait auparavant fragmenté la ligne de toit a été entièrement réinterprétée — son volume a été clarifié par l’ajout d’un niveau supérieur, d’un toit fortement pentu et de lucarnes qui rétablissent une continuité formelle tout en évoquant les traditions vernaculaires de la région.


L’entrée au niveau inférieur pose immédiatement la palette intérieure. Un hall d’entrée et un vestibule adjacent s’ouvrent sur un sol en calcaire texturé et des murs lambrissés de bois, ancrant l’expérience dans des matériaux qui évoquent le terrain environnant. D’ici, la circulation s’élève vers le niveau principal, où un escalier sculptural — la réinterprétation par Raj d’un ancien escalier en spirale — joue le rôle de tissu conjonctif et d’ancrage spatial. Sa présence ne se résume pas au déplacement; elle sert aussi d’orientation, encadrant des points de vue calibrés sur les rochers qui se cachent derrière la maison et renforçant un dialogue continu entre l’intérieur et le paysage.


Les seuils incurvés portent cette logique spatiale à travers le plan, adoucissant les transitions et introduisant un rythme mesuré entre les pièces. Le niveau principal se déploie à partir de l’escalier vers une suite de lieux de vie — une cuisine en enfilade, un grand salon et une suite principale — chacun relié par ce langage de courbes subtiles. Dans le grand salon, une cheminée légèrement inclinée et un portique en arche au-dessus de banquettes intégrées étendent le motif, équilibrant une réserve formelle avec des moments de perméabilité qui s’ouvrent sur le site boisé au-delà.


La suite principale porte l’enchaînement temporel de la résidence au sein de deux pièces adjacentes. Dans la chambre, les charpentes d’origine apparentes — peintes d’un vert profond — conservent le poids et la mémoire de la structure la plus ancienne, associées à une cheminée restaurée, revêtue de pierre savon sombre. La densité mate du matériau renforce ce sentiment d’ancrage historique. Ce contraste est posé délibérément avec la salle de bains attenante, où les carreaux hexagonaux en marbre et le lambris en bois laqué blanc introduisent luminosité et raffinement, formant une sensibilité plus calme et contemporaine.


Au-delà de l’intérieur, le projet étend son langage architectural au paysage par une série d’interventions extérieures. Une terrasse surélevée reliée au grand salon, ancrée par un foyer en métal brunie, et un patio en pierre bleue près de la cuisine avec un barbecue encastré créent plusieurs lieux d’occupation, permettant à la maison d’entrer en dialogue avec le site au fil des saisons.


Tout au long du projet, une palette restreinte de finitions naturelles — bois verni, marbre fini, textiles doux et éléments sur mesure — contribue à créer une atmosphère à la fois intemporelle et délibérée. Une structure autrefois disparate devient unifiée par une continuité des matériaux, des interventions mesurées et une narration architecturale claire qui fait le lien entre héritage et habitation.





Pour voir ce projet et d’autres réalisés par le studio, rendez-vous sur ravirajarchitect.com.
Photography courtesy of Sarah Elliott.